La relation entre le [montage] et la [grammaire du montage]
[Montage] et [grammaire du montage] : leur relation Dans le montage, il y a deux concepts fondamentaux qui sont constamment confondus : la *montage* et la *grammaire du montage*. Même de nombreux ouvrages de niveau pédagogique font ainsi : après de longues explications, ils n’arrivent toujours pas à clarifier la différence entre les deux. Certains disent que le montage, c’est la montage, ou encore que la grammaire du montage n’est qu’un des éléments de la montage. On ne peut pas dire que ce genre d’affirmation soit complètement faux.
Relation entre [Montage] et [Grammaire du montage]
Dans le montage, deux grands concepts de base sont constamment confondus : le montage (au sens de « montage des attractions / montage expressif ») et la grammaire du montage.
Beaucoup d’ouvrages de niveau pédagogique font la même chose : ils tournent autour du sujet sans jamais clarifier leur différence. Certains disent que le montage, c’est justement le montage (au sens large), ou que la grammaire du montage est l’une des formes du montage. On ne peut pas dire que ces formulations soient totalement fausses, car elles contiennent une part de vrai, mais elles manquent surtout de rigueur.
Voyons donc en détail comment distinguer les deux ; en réalité, le principe est très simple.
① Qu’est‑ce que la grammaire du montage ?
La grammaire du montage est un ensemble de procédés de combinaison de plans à coloration technique ; elle ressemble aux « skills » du logiciel – ce sont des schémas et des techniques de montage résumés par les prédécesseurs.
Par exemple : « jump cut » / « montage de continuité d’action » / « fondu enchaîné » / etc.
Le montage (au sens de « montage expressif ») est une manière de traiter le montage qui porte une coloration émotionnelle ; il peut sublimer une séquence banale comme de l’eau claire.
Ce faisant, il modifie le sens original des plans / des séquences, et enrichit le récit / l’émotion.
Par exemple : « montage associatif » / « montage par accumulation » / « montage lyrique », etc.
La grammaire du montage est le moyen qui permet de réaliser le montage.
Prenons la scène suivante : l’héroïne vit une série d’événements, puis se met à courir comme une folle dans la rue. À ce moment‑là, sous l’énorme pression psychologique, sa « folie » éclate ; toutes sortes de scènes déjà vécues dans ses rêves, toutes sortes de paroles prononcées par différentes personnes se mettent alors à résonner à son oreille. Elle se trouve dans un état de « hantise maléfique ».

Cette partie est un montage psychologique ; il est utilisé à la fin de cette scène pour rendre perceptible l’état émotionnel de « breakdown mental / confusion entre rêve et réalité » de l’héroïne.
Et la grammaire du montage utilisée pour réaliser ce montage psychologique, c’est le fondu enchaîné + la distorsion sonore.
De cette manière, la compréhension devient très simple.
C’est un peu comme la rédaction d’un texte :
Xiaoming est assis sur l’herbe, une petite brise souffle, il regarde le ciel bleu. — C’est ce qu’on appelle vulgairement un compte‑rendu plat.
Changeons‑le :
Le ciel est très bleu, le vent est très léger, il effleure le visage sans oser faire de bruit ; Xiaoming, sur l’herbe, savoure en silence cette douceur.
La structure grammaticale de la phrase a été modifiée : la première est à valeur purement déclarative, la seconde, réécrite, est de type descriptif ; cette description, c’est le montage dans le montage cinématographique — il modifie la grande structure de la phrase, mais aussi la petite structure de chaque segment, « démonte les mots pour refaire des phrases », tout en ajoutant une coloration émotionnelle. En réalité, dans cette phrase, savoir si Xiaoming sur l’herbe est assis ou debout n’a aucune importance, on supprime purement et simplement cette information, car elle n’est pas utile. L’essentiel de ce passage est seulement de dire que Xiaoming est sur l’herbe ; le recours au montage sert ici à amplifier l’information « environnement ».
Et dans ce processus de « démonter les mots pour refaire des phrases », on doit aussi réfléchir à quel moyen employer pour ajuster les détails : doit‑on écrire « un ciel très bleu » ou « le ciel est très bleu » ? « Le ciel est très bleu » est sans aucun doute plus concis ; cela ressemble un peu au rôle de la grammaire du montage — elle condense le sens de chaque détail.
En fait, quand on commence juste à comprendre le montage, les débutants aiment « compliquer les choses simples », par exemple comme dans la deuxième phrase ci‑dessus ; c’est vrai que c’est retravaillé, très joliment même, mais on a déjà ajouté des fioritures superflues, on est allé trop loin :
Le ciel est très bleu, le vent est très léger, Xiaoming, sur l’herbe, ressent cette sérénité.
C’est déjà suffisant. « Le vent est très léger » et « il effleure le visage sans oser faire de bruit » se recouvrent en substance ; la seconde formulation a clairement un côté « étalage de style », donc on la supprime.
C’est aussi ce à quoi tend de plus en plus le montage quand on progresse : le « minimalisme » — au début, on a l’impression de pouvoir tout faire, puis on sait faire de plus en plus de choses, puis on se rend compte que ce qu’on poursuit devient de plus en plus tape‑à‑l’œil ; et finalement, en revenant en arrière, on découvre que c’est cette simplicité du montage qui vaut la peine d’être pensée et recherchée indéfiniment.
En fin de compte, on se rend compte que le montage ne ressemble pas seulement à la rédaction : le montage, c’est de la rédaction.
Mais tout texte n’a pas besoin d’être enjolivé.
Xiaoming est assis sur l’herbe, une petite brise souffle, il regarde le ciel bleu.
Si c’est le début d’une histoire de vengeance très sombre et très grave, cette écriture‑là est au contraire la plus appropriée.
Donc, au final, la technique choisie doit être envisagée à plus grande échelle, en référence à l’ensemble : quel est le style et la position thématique de l’œuvre finie ?
De la même manière, tous les passages n’ont pas besoin d’être « envahis » par le montage.
Le plan‑séquence et le montage sont deux grandes écoles historiquement opposées dans l’histoire du cinéma, mais dans un même film, ils peuvent tout à fait se compléter et servir ensemble le thème.
Toutes les formes d’art communiquent entre elles.
Une bonne musique recherche la tristesse sans noyade — trop de tristesse ne convient pas ; une légère mélancolie est la plus juste.
Un bon article recherche la « tête de tigre, ventre de porc, queue de phénix » — le début et la fin doivent être forts, et le milieu doit au contraire rester mesuré.
Pour le montage, c’est pareil : tout, dans le monde, recherche un certain « équilibre ».