MontageIntermédiaire

Exemples de coupes assorties et de transitions créatives — Techniques de montage

Exemples de coupes raccord et de transitions créatives – Techniques de montage Tout le monde aime les transitions de scène spectaculaires, mais comment relier les scènes à un niveau plus profond ? Essayez les coupes raccord (match cuts). En utilisant des couleurs, des formes, des mouvements voire des dialogues similaires, les coupes raccord peuvent ajouter une couche de sens supplémentaire et ainsi créer une narration plus cohérente et fluide. Dans l’article d’aujourd’hui, nous allons analyser en profondeur

Logiciels applicablesPremiere Pro

Exemples de cuts raccords et de transitions créatives – Techniques de montage

Tout le monde aime les transitions spectaculaires, mais comment relier les scènes à un niveau plus profond ? Essayez le cut raccord. En utilisant des couleurs, des formes, des mouvements ou même des dialogues similaires, le cut raccord ajoute une couche de sens supplémentaire et crée un récit plus cohérent et fluide. Dans cet article, nous allons analyser en détail le cut raccord pour que vous compreniez non seulement son fonctionnement, mais aussi pourquoi il est plus efficace qu’une transition ordinaire.

Bases du cut raccord

Les techniques de montage sont au cœur de certains des plus grands moments de l’histoire du cinéma, et dans certains cas, elles sont elles-mêmes ces grands moments. La coupe entre deux scènes est une convention indispensable en production, mais cela ne signifie pas qu’elle doive être dénuée de sens ou de but.

Les images et les sons peuvent véhiculer un sous‑texte. Les transitions aussi : chaque changement de plan est une occasion de créer un lien, de renforcer le thème, d’accélérer le rythme, etc. Des transitions comme le raccord visuel, le raccord de mouvement et le pont sonore sont d’excellents moyens d’atteindre ces objectifs.

Alors, qu’est‑ce qu’un cut raccord ? Et qu’a‑t‑il de si particulier ? Avant d’examiner les différents types de transitions au cinéma, définissons d’abord le cut raccord.

Qu’est‑ce qu’un cut raccord ?

Un cut raccord est toute transition visuelle ou sonore qui utilise un élément de la scène précédente pour faire passer le spectateur en douceur à la scène suivante. Le cut raccord peut être percutant tout en véhiculant du sous‑texte. Contrairement à une coupe standard, il crée un lien thématique entre deux événements ou concepts distincts.

Types de cuts raccords :

  • Raccord visuel — forme / couleur / composition

  • Raccord de mouvement — geste / déplacement

  • Pont sonore — bruitage / dialogue / musique

Raccord visuel

Le raccord visuel peut fonctionner comme une métaphore visuelle. Il suggère que deux objets ne font qu’un, et l’exprime par une transition explicite à l’image. Vous pouvez aussi utiliser un raccord graphique pour montrer l’écoulement fluide du temps. Il peut prendre la forme d’une surimpression ou d’une coupe franche.

La durée réelle du temps écoulé influencera la façon dont vous gérez ces coupes, mais l’essentiel est l’atmosphère que vous voulez créer. Vous pouvez utiliser des raccords visuels sur plusieurs transitions, en faisant d’un même objet physique le fil visuel conducteur de la scène.

Dans la séquence d’ouverture de Citizen Kane, cette technique est utilisée à plusieurs reprises, et tout le passage se conclut sur un raccord parfait. La lumière dans la chambre de Kane reste au même endroit jusqu’à la fin, poussant sans cesse le spectateur à se demander : « Qu’y a‑t‑il là‑haut ? »

Dans cet exemple de Citizen Kane, le même objet sert à relier les plans, mais que se passe‑t‑il si l’on coupe entre deux objets totalement différents ? La première chose que nous faisons est de chercher le lien entre eux. Bien amené, ce lien peut produire de l’humour, du drame, voire des réflexions existentialistes.

Dans l’un des nombreux chefs‑d’œuvre d’Hitchcock, Psychose, on trouve un excellent exemple de « raccord symbolique ». Regardez la scène après la chute de Marion et observez le raccord à l’image.

Hitchcock fait d’abord passer le plan de l’eau de la douche s’engouffrant dans le siphon à un gros plan de l’œil de Marion. Pourquoi ? La plupart des spectateurs considèrent que cela symbolise la vie de Marion qui s’écoule peu à peu. C’est une manière poétique et tragique de métaphoriser la mort.

Une autre variante du raccord visuel est le raccord par la couleur. Et s’il ne fallait qu’un seul exemple, ce serait la transition de la flamme au lever de soleil dans Lawrence d’Arabie.

C’est un « cut raccord » classique : même si cette transition n’a pas une forte portée symbolique, on en ressent toute la puissance. Elle rappelle aussi à quel point la couleur au cinéma peut bouleverser de la manière la plus simple et la plus belle.

Si vous voulez passer d’un point à un autre de votre chronologie narrative, le raccord visuel peut aussi vous y aider. Cela peut se faire par coupe franche ou par fondu, selon le degré de dureté ou de douceur que vous souhaitez pour la transition.

Dans l’une des meilleures réalisations de James Cameron, Titanic, il y a une scène où Rose commence à raconter ce qui s’est passé 84 ans plus tôt. Derrière elle, l’image de l’épave se fond progressivement dans celle du Titanic de ses souvenirs, sur le point de prendre la mer.

Peut‑être le plus grand saut temporel obtenu par un raccord graphique — et l’un des montages les plus emblématiques de l’histoire — se trouve dans l’un des meilleurs films de Stanley Kubrick, 2001, l’Odyssée de l’espace, avec la transition « l’os devient satellite ».

Contrairement au fondu enchaîné de Titanic, Kubrick et le monteur Ray Lovejoy nous font traverser des millions d’années en une fraction de seconde.

Vous remarquerez que la transition ne se contente pas de faire correspondre la forme de l’os et du satellite, mais intervient aussi au milieu de la rotation de l’os. C’est une démonstration parfaite de la finesse du style de mise en scène de Stanley Kubrick.

Raccord de mouvement

Le raccord de mouvement crée un lien direct entre des actions dans deux scènes différentes. D’un point de vue fonctionnel, le mouvement est de l’action, ce qui facilite l’association de deux plans ou scènes reliés par une transition rapide.

À noter : le raccord de mouvement est aussi très souvent utilisé à l’intérieur d’une même scène, entre différents plans. Par exemple, dans une scène de combat intense, on recourt fréquemment à des raccords de mouvement au moment où un coup atteint sa cible ou lorsqu’un coup de feu retentit, pour renforcer l’impact de l’action.

Narrativement, le raccord de mouvement contribue au rythme du récit et souligne le lien physique entre deux scènes. Prenons l’un des meilleurs films de 2010, Scott Pilgrim vs. the World, réalisé par Edgar Wright, maître des transitions créatives.

Voici un autre excellent exemple, qui montre comment utiliser un raccord de mouvement pour relier deux scènes et deux lieux. Dans ce film emblématique du Nouvel Hollywood, Le Lauréat, Benjamin est une âme perdue, flottant entre une liaison extra‑conjugale et une crise existentielle. Cette transition apparaît dans un montage rempli de cuts créatifs, mais regardez bien ce raccord : Benjamin grimpe sur un matelas gonflable dans la piscine, et au cut suivant, il tombe ailleurs.

Ce raccord dans Le Lauréat fonctionne parce qu’il illustre clairement l’état d’errance de Benjamin. Il traverse l’été dans un état second, sans savoir où il est, ni ce que signifie sa vie. La structure classique du montage vise à montrer le passage du temps, et le raccord de mouvement renforce encore ce sens.

Raccord par pont sonore

Toute utilisation du son pour passer d’une scène à une autre relève du « pont sonore ». Le son est sans doute le moyen le plus naturel d’assurer une transition fluide, et les possibilités sont nombreuses.

La voix off est un excellent pont sonore pour relier différentes scènes. La musique, en particulier dans un montage, est un autre moyen efficace d’utiliser l’audio pour connecter des séquences.

Deux techniques de transition sonore sont particulièrement courantes : le J‑cut et le L‑cut. Dans les deux cas, le son d’une scène est utilisé pour « chevaucher » deux scènes. Un J‑cut fait se poursuivre le son de la scène 1 sur la scène 2. Un L‑cut introduit le son de la scène 2 avant son image.

Pour notre sujet, nous allons nous concentrer sur le véritable cut raccord sonore, c’est‑à‑dire la transition guidée par un design sonore similaire. Concrètement, cela signifie que les deux plans « partagent » le même son. Pour un exemple particulièrement ingénieux, il faut revenir à notre grand spécialiste : Edgar Wright.

Au début du film culte Shaun of the Dead, notre héros Shaun ne remarque absolument pas l’apocalypse zombie qui se prépare autour de lui. Pour renforcer le gag, Wright se sert d’une scène où Shaun zappe à la télévision pour lui révéler, sans qu’il s’en rende compte, tout ce qui est en train de se produire.

Dans cet exemple, les dialogues de différentes émissions sur la télé de Shaun « partagent » la même exposition en arrière‑plan. C’est évidemment au service de l’effet comique, mais cela montre comment faire correspondre le son de différentes scènes.

Un autre exemple de pont sonore se trouve dans Lolita malgré moi (Mean Girls). Regina vient de découvrir que les barres « minceur » que Cady lui donnait sont en réalité des barres pour prendre du poids. Elle hurle de rage dehors, à côté de la voiture… et son cri ne cesse qu’à son arrivée chez elle.

En reliant ces deux scènes par le même son, la suggestion évidente est que Regina a hurlé tout le trajet du retour. C’est une manière simple mais très efficace d’amplifier sa colère.

Cut répétitif

Enfin, il y a le cut répétitif. C’est probablement la forme la plus voyante de cut raccord. Le cut répétitif superpose des images très proches pour créer un effet de saccade qui met en relief un geste ou un regard.

Le cut raccord est extrêmement polyvalent et peut prendre bien des formes. Si vous souhaitez ajouter du relief et du style à votre travail, cette technique est un choix idéal.

Tags:film-theoryqzcut