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Qu’est-ce que « Sauver le chat » — explication du tableau des temps de Blake Snyder

Qu’est-ce que « Save the Cat » — explication du tableau des temps de Blake Snyder Que signifie « Save the Cat » ? Si vous vous intéressez à l’écriture de scénarios ou que vous êtes en train d’apprendre ce métier, il est très probable que vous ayez déjà entendu l’expression « Save the Cat » dans un certain contexte. Expliquer « Save the Cat » nécessite un peu de contexte supplémentaire, car ce terme est à la fois un verbe et un nom. En d’autres termes, « sauver le chat… »

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Qu’est-ce que « Save the Cat » – explication du beat sheet de Blake Snyder

Que signifie « Save the Cat » (sauver le chat) ? Si tu t’intéresses au scénario ou que tu es en train d’apprendre ce métier, tu as probablement entendu cette expression dans un certain contexte. Expliquer « Save the Cat » demande un peu de contexte supplémentaire, car le terme est à la fois un verbe et un nom. En d’autres termes, « Save the Cat » est à la fois un livre sur l’écriture de scénarios et un mécanisme de narration. Commençons par un aperçu du livre, puis nous approfondirons la signification du titre et nous verrons tout ce que le livre propose par ailleurs.

Qu’est-ce que « Save the Cat » ?

Save the Cat! est un best-seller de non‑fiction sur les techniques de scénarisation, écrit par Blake Snyder. Publié en 2005, Save the Cat! est rapidement devenu l’un des livres de référence reconnus sur l’écriture de scénarios.

« Save the Cat » est aujourd’hui devenu un raccourci pour désigner une structure de scénario classique, applicable à de nombreux films hollywoodiens modernes.

Caractéristiques de « Save the Cat » :

  • Structure en trois actes

  • Quinze « beats » (temps forts) narratifs

  • Utilisé surtout dans les films hollywoodiens américains

Qui est Blake Snyder ?

Blake Snyder était un scénariste hollywoodien à succès, ayant vendu plusieurs scénarios, parfois pour des montants à sept chiffres. Deux longs métrages issus de ses scénarios ont été produits et distribués.

Snyder a tiré pleinement parti de son expérience dans l’industrie du cinéma pour écrire ce qu’il voulait être un guide d’autorité pour devenir scénariste professionnel.

Save the Cat! comporte plusieurs suites, dont Save the Cat! Goes to the Movies et Save the Cat! Writes for TV. Certaines de ces suites ont également été écrites par Snyder, mais d’autres l’ont été par ses élèves après sa mort soudaine en 2009.

Les conseils donnés dans Save the Cat! ont été largement salués, mais aussi critiqués. Ses détracteurs affirment que les recommandations du livre conduisent à une narration trop formatée et reprochent à l’ouvrage d’encourager les auteurs à s’appuyer sur des recettes familières et éprouvées plutôt que de stimuler la créativité et l’originalité.

Que signifie « sauver le chat » ?

Le titre Save the Cat! renvoie à un terme de scénarisation inventé par Blake Snyder, qui désigne un procédé narratif particulier. La méthode du « sauvetage de chat » consiste à faire accomplir au protagoniste, au début de l’histoire, une action admirable qui le présente comme quelqu’un de sympathique et amène le public à se ranger de son côté. Le fait de « sauver un chat » peut être pris au sens propre ou au sens figuré.

Placer une « scène de sauvetage de chat » au début du scénario permet de susciter rapidement l’empathie et l’affection du public pour le héros. Certains auteurs et critiques de cinéma rejettent ce procédé, notamment parce qu’ils considèrent ce type de scène comme manipulateur ou cliché. D’autres contestent aussi l’idée que le protagoniste doive toujours être sympathique et/ou admirable.

Autres points clés de la méthode

Le dispositif narratif évoqué dans le titre est loin d’être le seul apport de Save the Cat!. Le livre propose également des analyses de structure de films à succès, des conseils sur le pitch, des formules pour rédiger un logline original, etc.

Il est possible que le beat sheet Save the Cat! soit encore plus apprécié que le fameux dispositif du « sauvetage de chat ».

Le beat sheet Save the Cat! est rapidement devenu l’un des modèles de structure de scénario les plus populaires. Les 15 beats décrits dans ce modèle de structure en trois actes reposent sur une architecture éprouvée, que Snyder a élaborée en analysant les structures de dizaines de films et de scénarios à succès.

Ce beat sheet est le modèle structurel que Snyder utilisait lui‑même pour ses scénarios, qui se vendaient très bien. Certains lecteurs du livre ont même réussi à vendre leurs propres scénarios après avoir utilisé le beat sheet Save the Cat!.

Les story beats de Save the Cat!

Alors, quels sont ces fameux beats narratifs ? Snyder a peaufiné ses quinze beats jusqu’au moindre détail, allant jusqu’à indiquer à quelles pages ils devraient se produire. Ce ne sont bien sûr que des recommandations, chaque histoire étant différente. Mais cela offre un guide d’entrée très clair.

Celui‑ci est assez explicite. Snyder explique que l’image d’ouverture du film (la première scène) est importante, car elle établit le monde, le ton et les personnages. Presque tous les scénarios suivent cette règle, qu’ils utilisent ou non la structure de Save the Cat!.

La plupart des bons films traitent d’un certain thème. Parfois, un film peut aborder plusieurs thèmes successifs. Mais, selon Snyder, le thème principal devrait être énoncé à la cinquième page.

Par exemple, supposons que le thème de ton film soit la force de la communauté, et que le protagoniste apprenne cette leçon au cours du récit. À la page 5, tu pourrais faire dire à un collègue du héros : « Devon, pourquoi tu n’acceptes jamais l’aide de personne ? » – c’est l’énoncé du thème.

Les dix premières pages sont cruciales. Avec Save the Cat!, tu devrais installer l’apparence et l’atmosphère du film, ainsi que la plupart des personnages principaux.

C’est aussi le moment où tu définis la ligne de base du héros – à quoi ressemble sa vie avant que ne survienne un bouleversement radical ?

En parlant de bouleversement de la vie du protagoniste – c’est un gros morceau, que les théoriciens du scénario appellent aussi l’élément déclencheur.

Ton personnage peut dans un premier temps refuser de reconnaître l’importance du catalyseur, mais à la fin du premier acte, il l’aura propulsé sur une trajectoire totalement nouvelle.

Après le catalyseur, le héros ne sait pas s’il doit agir.

Imaginons, par exemple, que le catalyseur soit la visite d’une personne affirmant être l’enfant du protagoniste venu du futur, et lui expliquant qu’il doit trouver un scientifique en Antarctique pour sauver le monde. Les pages suivantes devraient montrer le héros en train de lutter avec ces informations. Ce n’est quand même pas vraiment son enfant du futur, si ? Et pourquoi devrait‑il sauver le monde ?

C’est la décision que prend le protagoniste et qui marque le véritable début de l’histoire. Pour reprendre notre exemple, le héros monte à bord d’un bateau pour l’Antarctique. Nous entrons alors dans le deuxième acte.

L’intrigue principale est lancée, il est donc temps d’introduire une sous‑intrigue (B story). Peut‑être que, pendant que le protagoniste cherche le scientifique en Antarctique, il rencontre un homme qui finira par devenir son futur mari.

C’est l’un des beats les moins définis chez Snyder. Maintenant que ton héros a pénétré dans son nouveau monde, ou découvert ses nouveaux pouvoirs, prends le temps de l’accompagner dans son exploration.

Dans Harry Potter, beaucoup de temps est consacré à installer le nouveau monde de Harry :

Quelles sont les règles de ce monde ? Qu’est‑ce qui change ? Qu’est‑ce qui reste pareil ?

Le midpoint (point médian) peut prendre plusieurs formes. Le héros peut connaître une fausse victoire – il croit avoir gagné, mais en réalité les ennuis ne font que commencer.

Ou bien il peut subir un énorme revers – perdre un ami, traverser une crise de foi, etc. La nature du midpoint dépend de toi. L’important est qu’il s’agisse d’un moment déterminant. Nous analyserons plus loin différentes manières de faire fonctionner ce point médian.

Tourner la dernière image emblématique :

Cela n’a pas forcément besoin d’être pris au sens littéral, même si ça peut l’être. En substance, c’est le moment du scénario où tout devient plus difficile. Revenons à notre histoire antarctique.

Au midpoint, le protagoniste trouve le scientifique, mais dans cette partie de l’histoire, il s’avère que c’est une fausse victoire. Le scientifique ne comprend absolument pas de quoi parle le héros et le prend pour un fou. Durant ces pages, le protagoniste doit maintenant essayer par lui‑même de comprendre ce que voulait dire son enfant du futur.

C’est le point le plus bas. Rien ne va plus pour le protagoniste.

Nous faisons vraiment subir à notre personnage tout ce que l’intrigue a de plus cruel. Peut‑être a‑t‑il perdu son mentor. Peut‑être est‑il submergé par le doute.

Dans ces pages, ton héros réagit au beat « Tout est perdu ». C’est probablement le moment où il est le plus découragé. Il est sur le point d’abandonner. Peut‑être a‑t‑il déjà renoncé.

Nous entrons dans le dernier acte. Le passage à l’acte III est un ultime sursaut – le héros dit en substance : « Tant pis. On y va. » Cela peut être un coup de chance, ou simplement un regain de détermination.

Dans tous les cas, ce beat nous montre que, même abattu, ton personnage n’est pas hors jeu.

C’est le moment le plus spectaculaire, aussi appelé climax (ou anti‑climax). C’est là que tout ce que le héro a appris en chemin (ainsi que ce qu’il possédait en lui depuis le début) converge dans une grande confrontation. Celle‑ci peut se dérouler face à l’antagoniste ou contre les démons intérieurs du héros.

Tout dépend de l’histoire que tu racontes.

Mais quoi qu’il en soit, c’est le climax. Il faut donc tout boucler et offrir au public une conclusion qui rende les deux premiers actes pleinement satisfaisants.

Tout est terminé. Il est temps de laisser au public une image finale marquante, qui résume ton histoire et fait éventuellement écho à l’image d’ouverture.

Comme le dernier plan iconique du Lauréat :

Notre protagoniste a obtenu ce qu’il voulait, mais il fait maintenant face à un avenir incertain. Que va‑t‑il se passer pour lui ?

C’est une fin parfaite pour ce film : elle clôt l’intrigue tout en soulignant le thème de l’errance et du manque de direction chez les jeunes.

Les 15 beats de Snyder ne conviennent pas à tout le monde, et ils ne sont certainement pas une condition nécessaire pour écrire un bon scénario.

Mais suivre les règles de Save the Cat! ne veut pas dire que ton scénario manque de créativité ou de nouveauté. Tout dépend de l’histoire que tu veux raconter.

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